Bio

Bio

En 2005, l’artiste Ludovic Chemarin décide de mettre fin à sa jeune et prometteuse carrière artistique, afin de changer de vie, de passer à autre chose. En 2011, deux artistes, Damien Beguet et P. Nicolas Ledoux décident de réactiver la production de Ludovic Chemarin et de prolonger sa carrière artistique. Damien Beguet achète alors contractuellement à Ludovic Chemarin l’intégralité de son œuvre dont il cède 50% des droits patrimoniaux à P. Nicolas Ledoux le jour même. En parallèle, Ludovic Chemarin dépose à l’INPI son nom comme marque : Ludovic Chemarin©, qu’il revend immédiatement aux deux artistes.En 2014, ils demandent à Ludovic Chemarin de poser pour la réalisation du portait officiel de Ludovic Chemarin© et, en 2015, de produire un dessin avec sa signature pour seul motif. Ils en acquièrent ensuite par contrat de cession les droits de représentation, de reproduction et d’adaptation ; l’exploitation de sa signature devient possible.

Depuis 2011 Beguet et Ledoux produisent des œuvres sous le nom de Ludovic Chemarin© : contrats, documentations performatives, activations ou augmentations des productions de Ludovic Chemarin ainsi que de nouvelles créations. Ils répondent à des invitations pour des conférences et des expositions en France et à l’étranger. Les deux artistes abordent avec leurs outils conceptuels, juridiques et formels le thème douloureux et très peu traité de la faillite artistique – la faillite de l’artiste – mais aussi de son éventuel salut par le rachat ou une forme de recapitalisation financière et artistique. Il est question de recontextualiser la matière artistique de Ludovic Chemarin dans le champ de l’art contemporain, de la manipuler en formulant de nouveaux protocoles et de nouvelles médiations.

Beguet et Ledoux instaurent ainsi un nouveau rapport de force et attisent la spéculation sur l’avenir du travail de Ludovic Chemarin – aussi incertaine que passionnante. Ils imaginent des dispositifs opérationnels dans le but d’intégrer le système de l’art et l’actualité culturelle dont ils dénoncent les limites, le devenir spectacle, l’archaïsme et la logique économique et financière dont l’artiste est le plus souvent exclu.

 

Ci-dessous la biographie officielle de Ludovic Chemarin©,
régulièrement mises à jour et présentées dans le cadre d’expositions, conférences.

Ludovic Chemarin© / Biographie
Total Recall, 38 652 signes
(espaces compris)
Juin 2017

 

Mercredi 27 janvier 2010

Dans la soirée, à Paris, les réflexions croisées des artistes Damien Beguet et P. Nicolas Ledoux les amènent à prendre une décision qui engage leur collaboration sur une voie inattendue : ils vont acheter un artiste. Certainement pas l’être humain, homme libre dans un monde libre, mais ses attributs d’artiste. Quels sont-ils ? Ont-ils une valeur d’échange ? Que peut-on en faire ? Ces questions appellent des réponses qui suscitent d’autres questions tout aussi fondamentales que complexes ; face à ces défis, Beguet et Ledoux choisissent le droit comme clé de lecture, d’interprétation et d’action, le droit français et lui seul. L’équation est posée ; reste à la résoudre.

Les semaines suivantes sont consacrées à l’étude du code de la propriété intellectuelle, la consultation de professionnels et d’experts dans le domaine juridique, la recherche d’éventuelles traces d’une expérience similaire dans l’histoire de l’art, et la confrontation des idées jaillies de cette effervescence.
Parallèlement s’affine le profil de l’artiste prospecté : vivant, avec une carrière derrière lui, une œuvre riche et estimée par les acteurs du monde de l’art contemporain, et en mesure de comprendre la démarche ainsi que d’assumer la cession et ses conséquences.

Jeudi 29 avril 2010

Damien et Nicolas se rendent au vernissage de la biennale d’art contemporain de Rennes. Dans le TGV, le rachat d’un artiste monopolise la conversation. Mais qui, et où le trouver ? Et≈acceptera-t-il ? Les démissionnaires approchés n’assument pas leur disparition de la scène artistique ; ils ont tous refusé. Puis un nom surgit dans le débat : Chemarin. Ludovic Chemarin est un artiste qui, en 2005, a décidé de mettre fin à sa carrière en envoyant un simple mail aux personnes présentes dans son fichier d’adresses : « J’arrête ». Le hasard veut que ce même jour les deux artistes rencontrent au vernissage de cette même biennale Ludovic Chemarin, en simple visiteur curieux de l’actualité des arts et en prospect qui s’ignore. L’histoire aurait pu s’arrêter là si Ludovic avait refusé la proposition. Mais Ludovic accepta.

Tout reste alors à formaliser : le concept et la forme du projet artistique, l’appareil juridique qui le structure, etc. L’inventaire de la production de Ludovic Chemarin est une priorité. Malheureusement les archives sont éparses et beaucoup ont disparues. Un catalogue iconographique se constitue sur la base des 26 œuvres identifiées, principalement des sculptures et des installations. L’artiste prochainement acquis sera mis sur le marché sous le nom de Ludovic Chemarin© (LC©).

Mercredi 16 juin 2010

La fabrication de Ludovic Chemarin©, au sens technique du terme, est lancée, avec un horizon d’achèvement au mois d’octobre. Après de nombreux échanges entre Paris et Lyon, il est temps pour Damien et Nicolas de faire le point. Il en résulte un plan d’action qui comprend les entrées suivantes :

écrire un texte de présentation du projet,
valider et faire valider tous les éléments juridiques,
réaliser un site web,
ouvrir un compte Facebook,
ritualiser la signature des contrats (lieu, personnes, procédure),
prospecter un espace d’art contemporain pour accueillir la première exposition personnelle de LC©.

L’espace d’art contemporain voit sa case cochée en premier : La BF15 à Lyon hébergera la première exposition personnelle de Ludovic Chemarin©. Reste à mettre en place une méthodologie de travail ; la répartition des tâches doit tenir compte de l’appétence et de la compétence de chacun, et sans que la couverture soit tirée vers l’un ou l’autre en raison de ses responsabilités – ce dont les deux artistes sont convenus.

Samedi 22 janvier 2011

Fin de matinée chez l’agent d’art Ghislain Mollet-Viéville, les premiers invités arrivent. Consulté dans la phase préparatoire de l’entreprise, Ghislain a accepté de mettre à disposition son bureau-appartement de l’avenue Ledru-Rollin dans le 12e arrondissement de Paris, pour la signature des contrats de cession des droits patrimoniaux de Ludovic Chemarin. Ils attendent leurs paraphes, rassemblés sous la forme de cahiers et dupliqués en sept exemplaires.

Ludovic Chemarin est là, sobrement habillé de gris avec une écharpe ton sur ton. Damien Beguet et P. Nicolas Ledoux ont soigné les moindres détails de la cérémonie. Chaque invité se présente, garant de ce moment formel et solennel : Caroline Cros (conservatrice du patrimoine, Inspectrice de la création artistique au ministère de la Culture et de la Communication), Perrine Lacroix (artiste plasticienne et directrice de La BF15 à Lyon), Ghislain Mollet-Viéville (agent d’art, critique d’art et expert honoraire près la Cour d’appel de Paris). Jacques Salomon (collectionneur d’art contemporain) est le dernier témoin appelé, mais ne pouvant être présent ce jour-là, il signera plus tard chaque cahier de contrats. Plus qu’un collectionneur, Jacques Salomon est un fidèle soutien de Ludovic Chemarin© et l’un de ses meilleurs ambassadeurs.
Après une introduction précisant la nature du projet, la cession peut commencer. Dans un premier temps Ludovic Chemarin cède les droits patrimoniaux de 26 œuvres à Damien Beguet puis Damien Beguet cède immédiatement 50% de ces droits à P. Nicolas Ledoux. Ludovic Chemarin cède également aux deux artistes son nom qu’il a préalablement déposé sous la forme d’une marque à l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) : Ludovic Chemarin©. Les témoins clôturent la cérémonie en signant la dernière page de chaque cahier. Ludovic, Damien, Nicolas et Ghislain conservent un exemplaire de la série des contrats et les trois restants sont réservés à la vente.

Damien et Nicolas invitent ensuite Ludovic au restaurant pour conclure l’opération sur un moment convivial et détendu.

Mercredi 30 mars 2011

Le soleil traverse les grandes baies vitrées de La BF15 : c’est un beau jour pour inaugurer Ludovic Chemarin©, la première exposition personnelle de Ludovic Chemarin©. L’équipe de La BF15 est prête, Damien et Nicolas sont là pour répondre aux multiples questions des visiteurs : le vernissage peut commencer. Ludovic est ailleurs et laisse aux deux artistes entrepreneurs le soin de défendre leurs positions ; il ne tient pas à devoir se justifier. Lyon est la ville où il a fait ses études, à l’École nationale des beaux-arts, et où il a développé son travail artistique. Il vit maintenant à Lausanne, en Suisse, où il réalise les décors d’un court-métrage d’animation. Il visitera l’exposition quelques semaines plus tard.

La BF15 est un très beau lieu : trois salles, des murs blancs percés de quelques pierres de taille, témoignage discret du bâti du XIXe siècle. En face de l’entrée, une barque imposante, construite avec des cagettes récupérées sur les marchés, et issue des collections publiques lyonnaises : Ludovic l’a produite en 2004. À l’époque son installation était différente. Celle d’aujourd’hui recycle les codes « curatoriaux » en vigueur : par exemple le socle orange de la barque utilise la couleur RAL du carton d’invitation. À gauche de l’entrée figure le logo de l’artiste et à droite, une œuvre réactivée, JE SUIS UN RÊVE, typographiée par une multitude de petits pétards brûlés – une variante de l’œuvre originale J’AI FAIT UN RÊVE.

Un entretien de Damien et Nicolas avec Perrine Lacroix, directrice de La BF15, est affiché sur un mur ; il livre au visiteur les clés du projet. Dans la deuxième salle, une grande table-vitrine présente la série des contrats de cession et trois petites sculptures en résine, répliques en prototypage rapide (par imprimante 3D) de l’œuvre de Ludovic Lance-missile désormais intitulée Lance-missile de collection. Dans la troisième et dernière salle est accrochée au mur la réplique d’un missile enchâssée dans un flight-case d’usage courant dans le milieu du spectacle (collection de la Ville de Francheville). Cette réplique a été produite avec des matériaux de récupération. À gauche est collée sur le mur une image tramée d’une photographie issue des archives de Ludovic qui représente une installation réalisée par lui-même en 2003, Bidonville.
À droite, sur le même principe, figure une autre image d’archive de 2000 où Ludovic pose avec des amis devant son installation LUD OÏL en construction. Comme pour la plupart des expositions à venir, Damien a réglé pour celle-ci la production, la logistique et l’intendance ; elles font partie de ses attributions dans le cadre de la gestion de Ludovic Chemarin©.

Vendredi 30 septembre 2011

Ludovic Chemarin© voyage à Luxembourg au Casino-Forum d’art contemporain, invité par Emmanuel Lambion, commissaire de l’exposition collective Found in Translation, Chapter L. Damien et Nicolas assistent au vernissage de cette grande manifestation traitant de la difficulté de traduire les signes et de faire face à leur dysfonctionnement. La phrase en pétards JE SUIS UN RÊVE y est présentée, ainsi que la série de contrats de cession de droits patrimoniaux. Cinq nouvelles productions sont réalisées pour l’occasion : EPROM, une série exploitant les archives de Ludovic et des photographies d’œuvres en impression numérique sur acier thermolaqué. À l’entrée du centre d’art, le logo en lettres adhésives de la marque Ludovic Chemarin© accueille le visiteur.

Samedi 28 janvier 2012

P. Nicolas Ledoux vernit à la galerie Magda Danysz, à Paris, son exposition Pressions, impressions, répressions. Il invite, en parallèle et à l’étage, Ludovic Chemarin© qui propose une nouvelle installation, AIR ARTISTE. Le couloir qui mène à la grande salle présente quatre affiches reproduisant l’interview par Perrine Lacroix et une biographie détaillée. Il débouche sur un espace sombre et occupé en son centre par deux caissons lumineux, l’un à plat au sol et l’autre sur sa tranche, diffusant la même image du champion du monde de « Air Guitar » en pleine performance scénique. Sur le mur de gauche en lettres adhésives géantes, le mot « AIR », et sur le mur de droite, le mot « ARTISTE ».

Au fond de la salle, un bouquet de ballons de baudruche géants et noirs mats bouillonne à l’horizon. La performance musicale fictive de l’« Air Guitarist » nous apprend que l’artiste et l’œuvre ne sont plus nécessairement inscrits dans une filiation et un rapport de cause à effet, et que la caricature peut se passer de l’un comme de l’autre. L’installation est dédiée à l’art volontairement spectaculaire qui court les expositions institutionnelles, et qui tend à remplir des lieux trop grands pour lui.

AIR ARTISTE est la première installation de Ludovic Chemarin© sans référence directe à la production de Ludovic Chemarin.

Vendredi 9 mars 2012

Ludovic Chemarin© participe à l’exposition RestructuARTion qui se tient deux jours durant à la Maison des Métallos à Paris, avec des documents, textes et images sur le volet conceptuel du projet. L’invitation vient de l’artiste et enseignant-chercheur Philippe Mairesse qui a conçu un événement associant artistes, syndicalistes, managers et chercheurs autour des questions de restructuration d’entreprise et, en regard, de stratégie artistique appliquée à l’économie et à la société. À 15h30, Damien fait une présentation illustrée de LC©. De nombreuses personnes sont présentes ; c’est la première confrontation avec un public. Les questions fusent, Damien répond et Nicolas complète.
Il est maintenant évident que le sujet ne laisse pas indifférent.

Vendredi 23 mars 2012

Sur le site magnifique de la Saline Royale d’Arc et Senans, lieu incontournable du néo-classicisme conçu par Claude-Nicolas Ledoux, débute un programme de conférences et d’interventions d’artistes intitulé L’Artiste : du contrat à l’organisation. Ce séminaire de deux jours est organisé par l’équipe de recherche Art&Flux (UMR ACTE/CNRS) de l’Université Paris I – Panthéon Sorbonne et le pôle Recherche Contrat Social de l’Institut supérieur des beaux-arts Besançon/Franche-Comté. À l’instigation de l’artiste et chercheur Yann Toma se tient, à 16h15, une conférence sur le domaine juridique de LC©. Damien présente et répond aux questions, Nicolas complète. Là encore, les débats sont animés. On reproche aux deux artistes leur indifférence psychologique, voire leur cruauté psychique envers la personne de Ludovic Chemarin, sujet d’une empathie spontanée.

Les rôles répartis d’un commun accord sont en plein essor : Damien est l’orateur et Nicolas la plume, tous deux en vases communicants.

Jeudi 18 octobre 2012

L’exposition El Ojo Colectivo (L’œil collectif) ouvre ses portes au Centro de Exposiciones SUBTE, Montevideo, Uruguay : un centre d’art enfoui sous une place publique, étrange et sombre, mais dont l’activité est bien identifiée. Ludovic Chemarin© est venu jusqu’ici pour satisfaire le souhait de Heinz-Norbert Jocks, critique d’art allemand pilotant cette manifestation sur les collectifs d’artistes notamment sud-américains. Damien et Nicolas profitent des quelques jours d’accrochage pour visiter la ville. Leur dispositif est rodé et calé, et ils ne se sentent pas concernés par les interminables négociations qui agitent les collectifs d’artistes. Mabel Tapia et Stephen Wright, deux critiques et historiens d’art qui ont vu naître Ludovic Chemarin©, sont venus en bateau depuis Buenos-Aires où ils étaient en transit ; voici l’occasion de passer du (bon) temps ensemble.

L’intervention artistique de LC© consiste en quatre grandes affiches en noir et blanc collées au mur et rehaussées d’un cadre de peinture vert vif. Le papier est fin, les images tramées et les textes traduits en espagnol : un véritable matériel de propagande. Le dispositif est léger mais fort, direct, efficace et attire l’attention des visiteurs qui prennent connaissance de la vie et de l’œuvre de LC© au fil de leur lecture. Le graphisme occupe une place essentielle dans la production et la communication de LC© ; il fait partie, au même titre que les éditions, des attributions de Nicolas.

Vendredi 26 avril 2013

Ludovic, de passage à Lyon, déjeune chez Damien. La rencontre est cordiale, entre un bon repas et un point sur les derniers événements. De sa terre d’expatriation, la Suisse, Ludovic a toujours porté attention aux diverses étapes du plan défini par Damien et Nicolas, tout en conservant une distance bienveillante. La dynamique qui porte LC© aujourd’hui le ravit : bien qu’il ne soit plus artiste, son œuvre progresse sans lui. La qualité de la relation entretenue avec Ludovic est cruciale ; sa désolidarisation de l’entreprise serait très probablement fatale à cette dernière. Ludovic est un partenaire : Damien et Nicolas l’ont voulu ainsi. C’est pourquoi les rencontres sont régulières, et les conversations nourries sur l’actualité et le devenir de LC©.

Mercredi 12 février 2014

Au retour du vernissage de la rétrospective Philippe Thomas au MAMCO à Genève, Damien et Nicolas déjeunent avec Ludovic. Ce dernier, de nouveau lyonnais et chef décorateur d’un film d’animation (Ma vie de courgette), les reçoit dans les studios de cinéma du Pôle Pixel à Villeurbanne. Le moment est important et la démarche délicate : la croissance de Ludovic Chemarin © réclame l’implication de Ludovic Chemarin in praesentia. Échanger, demander et éventuellement convaincre se font, comme à l’habitude, autour d’un bon repas. D’une part Damien et Nicolas, un peu tendus, d’autre part Ludovic, détendu et heureux de la compagnie. Les premiers se lancent sur leur souhait de réaliser le portrait officiel de l’artiste Ludovic Chemarin©, et de voir Ludovic se prêter au jeu. Ludovic a dit oui.

Vendredi 14 mars 2014

Damien donne, en petit comité, une conférence intitulée « Le contrat et l’art » pour l’Institut des hautes études sur la justice (Laboratoire Communication et Politique – CNRS). Le même jour, à l’École nationale des beaux-arts, Isabelle de Maison Rouge présente Ludovic Chemarin© au grand prix de l’AICA France (Association internationale des critiques d’art). Dix critiques d’art sont invités à défendre chacun un artiste en 6 minutes et 40 secondes, péroraison et diaporama de vingt images compris. À l’issue de la séance, un jury international désigne le lauréat de l’année. LC© n’est pas lauréat mais son apparition a fait sensation auprès d’un grand nombre de critiques d’art français présents et a sidéré un public composé d’étudiants et d’artistes surpris par l’audace et la radicalité du sujet. Damien et Nicolas ont observé la scène en spectateurs silencieux. Toutes les informations, positives et négatives, sont utilisées et recyclées par les deux entrepreneurs pour alimenter la visibilité de LC© par Damien, et les relations publiques par Nicolas.

Jeudi 3 avril 2014

Raphaële Jeune, critique d’art très impliquée dans LC©, donne à l’Université Rennes 2 une conférence qui lui est entièrement consacrée : Ludovic Chemarin© : artiste génétiquement modifié.

Jeudi 15 mai 2014

Première collaboration avec Michèle Didier, à l’initiative d’Émeline Jaret et dans le cadre de l’exposition Philippe Thomas : AB (1979-1980) à la galerie mfc-michèle didier. Conférences et performances se succèdent dans l’après-midi. Damien et Nicolas font lire le texte d’Isabelle de Maison Rouge par un tiers ; suit un échange avec les invités. Damien répond, Nicolas complète. Un débat passionné et passionnant s’engage entre des spécialistes de l’art conceptuel et des artistes dont les pratiques côtoient celles de Ludovic Chemarin©. Ce moment fournit aussi l’occasion de préciser la proximité et la divergence de l’œuvre de LC© et de celle de Philippe Thomas.

Samedi 17 mai 2014

Pour la cinquième fois en deux mois, LC© parle et fait parler de lui. Invités à l’Université Paris 8 Saint-Denis par Stephen Wright, Damien et Nicolas rencontrent un groupe d’étudiants très impliqués dans la dimension politique de l’art. Les discussions s’avèrent animées sinon âpres ; visiblement la démarche dérange et bouscule une approche de l’art militant dont les engagements sont par nature clairs et nets. La volonté affichée de positionner LC© à la fois dans le système de l’art institutionnel et dans la sphère marchande constitue une provocation assumée par les deux artistes ; elle est cependant mal vécue par ce public puriste, pour lequel l’ambivalence confine à la compromission, voire à la faute morale.

Vendredi 23 mai 2014

Damien retrouve Ludovic à Lyon pour déjeuner. Ce qui est devenu un rituel, agréable et désiré, apporte toujours plus de force à la relation artistique entre Nicolas, Damien et Ludovic, et insuffle une énergie vitale à LC©. Entre deux sujets divers pointe la prochaine étape : la séance de photos qui verra Ludovic incarner Ludovic Chemarin©. L’organisation minutieuse de ce rendez-vous est à l’ordre du jour.

Vendredi 18 juillet 2014

En cette belle fin de journée au Pôle Pixel de Villeurbanne, Damien a rendez-vous avec Ludovic pour la prise de vue du portrait de Ludovic Chemarin©. L’artiste photographe Lucja Ramotowski-Brunet opère dans des conditions professionnelles, maquilleuse à l’appui. Le réalisateur de films documentaires Benoît Rossel, qui prépare un film sur les artistes au travail, est sur les lieux avec son équipe de tournage ; il capte les temps forts de la séance et interviewe les uns et les autres, dont Ludovic. La critique d’art Raphaële Jeune s’est déplacée, en raison de sa veille sur Ludovic Chemarin© depuis sa naissance.

Ludovic est pris sur son lieu de travail, les cheveux en bataille, mal rasé, les décors d’un film d’animation en arrière-plan. Sous la direction de Damien, Ludovic joue le jeu, prend des poses pour un portrait in situ. La transformation physique du chef décorateur en artiste plasticien s’engage. En costume, devant un mur sombre, Ludovic, droit, regarde fixement l’objectif. Cet instant est touchant car c’est la première fois que l’ex-artiste est acteur de la fiction dont il est l’origine. Devant l’appareil photographique argentique et la caméra numérique de Benoît Rossel, Ludovic assume à la perfection son rôle. Ludovic Chemarin© a désormais un visage et un corps.

Mercredi 23 juillet 2014

Ludovic vient dîner chez Damien à Lyon. L’amitié cède le pas au travail : Damien aborde la question des œuvres qui n’ont pas été cédées lors de la signature du 22 janvier 2011. Ludovic s’étant révélé piètre archiviste, un grand nombre d’entre elles (et de projets) a sombré dans l’oubli. Damien et Nicolas ont depuis mené des recherches considérables pour reconstituer la production artistique de Ludovic. Des artistes co-exposants ont été sollicités afin de retrouver et rassembler des photographies, des cartons et des catalogues. Ludovic décide de joindre ses efforts aux leurs ; il fouille dans les cartons de son passé et déniche des trésors. Une nouvelle cession d’œuvres se prépare.

Mercredi 17 septembre 2014

Alexandre Bohn, directeur du Fonds Régional d’Art Contemporain Poitou-Charentes, organise une exposition collective associant Jérémie Bennequin, Michel Blazy, Michel de Broin, Victor Burguin, Les ready-made appartiennent à tout le monde®, Martin Tupper et Ludovic Chemarin©. L’exposition intitulée Rien à voir… est un accrochage d’œuvres protocolaires et hors des définitions normatives de l’art. Les contrats de cession de LC© acquis par le Fonds Régional d’Art Contemporain Poitou-Charentes en 2012 y figurent en bonne place ; les originaux sont présentés sous vitrine et leurs fac-similés sont mis à la disposition du public sur des tables. Damien et Nicolas ne sont pas présents à la journée d’ouverture au public ni aux visites sur rendez-vous.

Vendredi 26 septembre 2014

LC© voyage à la Lage Egal Raum für Aktuelle Kunst de Berlin, et assiste au vernissage de #SCHALLMAUER, une exposition collective proposée par Pierre Granoux et Frankdavid. LC© envoie une série d’affiches reproduisant des images provenant des archives photographiques de Ludovic et associées au logo de l’artiste. Deux grands panneaux de textes introduisent le concept et ses développements. Damien et Nicolas n’ont pas fait le voyage. Ils ont cependant piloté l’opération à distance.

Samedi 15 novembre 2014

Le second moment fondateur de LC© est arrivé : la deuxième et dernière cession des droits patrimoniaux d’œuvres de Ludovic Chemarin. Le protocole est identique à la cession du 22 janvier 2011. Chez Ghislain Mollet-Viéville, à 16h30, Ludovic est détendu et satisfait au rituel en habitué. Le cinéaste Benoît Rossel et le photographe Philippe Savoir immortalisent l’événement. Ils tournent autour des invités dans un savant ballet.

Jacques Salomon et Ghislain Mollet-Viéville sont les seuls témoins résultant de la première cession. Les nouveaux entrants sont : Michèle Didier (galeriste et éditrice d’art), Raphaële Jeune (historienne et critique d’art) et Olivier Moussa (avocat spécialisé en propriété intellectuelle). Une interminable séance de signatures scelle la cession des droits patrimoniaux de 46 œuvres en sus des 26 précédentes pour un total de 72. Maintenant, Damien Beguet et P. Nicolas Ledoux sont les seuls détenteurs des droits d’exploitation de l’ensemble de l’œuvre de Ludovic Chemarin.

Mercredi 28 janvier 2015

Ludovic rend visite à Damien qui lui suggère une nouvelle action : après le portrait, la signature. Ludovic accepte. L’implication croissante de ce dernier ne révèle pas seulement la pertinence et la solidité des règles de la délégation mises en place dès l’origine de l’accord entre les parties : elle leur apporte un ressort salutaire. Aujourd’hui, Ludovic ne signe pas de contrat ; il s’agit d’apposer sa signature comme seul motif au centre d’une feuille de format A4. Après de nombreux essais, Ludovic n’en retient qu’une.

Mardi 3 février 2015

Ludovic vend à Nicolas et Damien le dessin de sa signature, et signe le contrat de cession des droits de représentation, de reproduction et d’adaptation de cette pièce.

Jeudi 5 mars 2015

Return on investment est une proposition de Renaud Layrac et Yann Toma pour le lieu associatif Immanence, installé dans un atelier d’artiste rescapé du quartier Montparnasse dans le 15e arrondissement de Paris. Damien et Nicolas sont présents au vernissage. Cette exposition rassemble une sélection d’entreprises artistiques historiques comme Ian Baxter&, That’s painting, BP, etoy Corporation, et d’autres plus récentes. La contribution de LC© est simple, minimaliste et opportune : le logo de l’artiste et les villes où il est intervenu, sous forme de lettres adhésives.

Mercredi 1er avril 2015

LC© s’installe au Confort Moderne de Poitiers dans une exposition collective Jeunes & contemporains avec la réactivation de l’œuvre JE SUIS UN RÊVE issue des collections du Fonds Régional d’Art Contemporain Poitou-Charentes. LC© n’est pas représenté au vernissage.

Jeudi 9 avril 2015

Damien est à Linazay, au Fonds Régional d’Art Contemporain Poitou-Charentes, pour une présentation de LC© dans le cadre de l’exposition Rien à voir. Échanges riches et nombreux ; cela devient une stimulante habitude.

Lundi 13 avril 2015

Damien et Nicolas font une présentation de LC© à Paris, à la librairie À Balzac à Rodin pour la sortie du numéro 57 de la revue multitudes qui consacre un chapitre entier à Ludovic Chemarin©. Les deux artistes sont poussés dans leurs retranchements. Sans se démonter, ils répondent posément : le but n’est pas de convaincre mais de démontrer la cohérence et l’amplitude de la démarche, de la complexité des imbrications entre les différents domaines conceptuels, juridiques et formels qui animent le territoire de l’art. Cet oral éprouvant mais loyal devant les intellectuels de la revue multitude constitue un très bon exercice.

Jeudi 16 avril 2015

La galerie parisienne mfc-michèle didier consacre une exposition personnelle à Ludovic Chemarin© : Identités. Une bonne partie du monde de l’art conceptuel parisien – artistes, critiques, collectionneurs – a répondu présent au vernissage.

Cet accrochage associe le volet conceptuel de l’entreprise et sa partie plastique et formelle, volontairement mis en tension et en paradoxes. Dans la première salle, Les contrats sont disposés dans une grande table-vitrine. Au mur deux portraits : Ludovic sur son lieu de travail et le portrait officiel de Ludovic Chemarin©, et enfin La signature dans son cadre. Dans l’autre pièce, au sol, une double bouée bleu translucide qui supporte deux chaises, et un peu plus loin, le même dispositif avec une seule chaise. Ces deux sculptures sont une réactivation d’une œuvre de Ludovic de 1998 mais revisitée selon les canons du marché de l’art actuel – clinquante, spectaculaire, hybride et technique. Cinq sérigraphies épinglées au mur récapitulent les grandes étapes de la vie de LC©. En bas à droite de chaque estampe, la reproduction de la signature de Ludovic. En face, trois grandes impressions numériques encadrées donnent à voir chacune une variante du même dessin vectoriel de la chaise-bouée, dans un style manuscrit, comme si l’artiste avait délégué son geste autographe à un robot pour une exploitation à l’infini. Damien et Nicolas profite de l’exposition chez Michèle Didier pour présenter la première monographie de Ludovic Chemarin© éditée par Art Book Magazine Édition. Cette publication de 290 pages compile la documentation des quatre premières années du projet (2011-2014) ainsi que le catalogue raisonné de Ludovic Chemarin entre 1998 et 2005. Le geste graphique est pur et puissant : il est signé du regretté et ami Pascal Béjean. Ont écrit les textes : la critique d’art et chercheuse Raphaële Jeune, l’historien de l’art Jean-Claude Moineau, l’avocat Olivier Moussa, une autre critique d’art, Isabelle de Maison Rouge et l’artiste Perrine Lacroix.

Mercredi 10 juin 2015

Damien et Nicolas déjeunent avec Ludovic. Famille, culture et loisirs monopolisent la conversation, loin des relations contractuelles qui ont motivé leur rencontre.

Vendredi 3 juillet 2015

Juste après un rendez-vous avec Michèle Didier, Ludovic reçoit un appel téléphonique de Damien et Nicolas, qui l’invitent à dédicacer la monographie de LC© en leur lieu et place. Ludovic aime l’idée et l’accepte.

Samedi 26 septembre 2015

Rendez-vous sur invitation à la galerie mfc-michèle didier, à 17h, pour assister à la première performance de Ludovic Chemarin©. Benoît Rossel, devenu entretemps le cinéaste officiel de LC©, documente l’événement. Les fidèles sont là, dans l’attente d’une action dont ils ne savent rien. Au centre de la galerie, une table, et sur cette table des monographies Ludovic Chemarin 1998-2005 2011-2014… Ludovic arrive, s’assied derrière la table et dédicace les ouvrages. Les invités défilent et repartent avec un objet de performance et de collection sans débourser un euro : une occasion exceptionnelle.

Mercredi 4 novembre 2015

Sur une proposition de Michèle Didier, cette même performance est donnée au Wiels à Bruxelles, ancienne brasserie devenue un lieu d’art contemporain. En préambule, une personne lit en anglais le texte d’Isabelle de Maison Rouge. Puis la performance débute à 18h30. S’ensuit une pluie de catalogues dédicacés et gratuits : quelques invités en sont tout retournés.
Damien et Nicolas en profitent pour passer un jour et demi avec Ludovic, et se divertir ensemble.

Jeudi 11 février 2016

Ludovic Chemarin© inaugure l’année par une exposition collective au Point commun, un lieu confidentiel d’art contemporain à Cran-Gevrier près d’Annecy. Enclencheurs de récits est vernie en présence de Damien. LC© présente les cinq sérigraphies retraçant l’histoire de l’entreprise et une nouvelle vidéo où la main de Ludovic signe en gros plan et inlassablement une page de la monographie de LC© dans une boucle sans fin.

Jeudi 19 février 2016

LC© s’est rendu à Varsovie, sans Damien ni Nicolas, pour Making Use: Life in Postartistic Times, exposition organisée par Sebastian Cichocki et Kuba Szreder. Le co-commissaire Stephen Wright les a présentés à Nicolas à Paris quelques semaines auparavant. LC© expose deux portraits photographiques associés à l’interview de Damien et Nicolas par Perrine Lacroix, traduite en polonais et en anglais. Cette manifestation collective ambitieuse réunit de nombreux artistes internationaux dont le champ d’action se situe aux frontières de l’art, voire dans ses marges : Salvage Art Institute, Iconoclasistas, Peter von Tiesenhausen, etc. Le Museum of Modern Art in Warsaw organise deux mois et demi plus tard un grand événement de clôture, sans Damien ni Nicolas.

Vendredi 4 mars 2016

Ludovic a rendez-vous avec Damien à 10h à Lyon. Pas d’information sur la raison de cette rencontre.

Mercredi 23 mars 2016

Damien, Ludovic et Nicolas dînent ensemble à Lyon. Nicolas échange beaucoup avec Ludovic car ils se voient peu, l’un à Paris et l’autre à Lyon. La soirée est festive, le repas gourmet et le vin excellent. Chacun parle de ses affaires avec les autres, la famille, les projets, les envies.

Mardi 19 juillet 2016

À la demande de Damien et Nicolas, Ludovic envoie une photographie de lui à deux ans, nu sur une plage, pour en faire la couverture d’une nouvelle publication : ©01.

Samedi 27 août 2016

La galerie mfc-michèle didier expose Ludovic Chemarin© à la foire d’art contemporain de Marseille, Art-O-Rama. Une grande cimaise déroule les cinq sérigraphies et la vidéo de la signature en boucle, et avec, au pied, la chaise-bouée simple. À 17h30, la collaboratrice de Michèle Didier lit le texte d’Isabelle de Maison Rouge puis Damien et Nicolas répondent aux questions. Le moment est bizarre, entre conférence et performance au milieu d’une foire. À cette occasion, Ludovic Chemarin© lance ©01, un fascicule de 36 pages au format 23 par 32 cm. © est une série de publications irrégulomadaires à raison d’une à deux livraisons par an, au rythme de l’actualité de LC©. Ce premier numéro comprend un texte de Stéphane Léger, critique d’art et chercheur indépendant, écrit en mai 2015 : Ludovic Chemarin© : anthropophagie juridique et fiction du sujet.

Vendredi 21 octobre 2016

À l’initiative de la philosophe Gaëtane Lamarche-Vadel, LC© est invité à intervenir au colloque L’appropriation inventive et critique en ouverture d’un nouveau site culturel et artistique parisien, La Colonie. Stéphane Léger assure en lieu et place de Damien et de Nicolas la présentation du projet.

Vendredi 2 décembre 2016

Réunion de travail à Lyon entre Damien, Ludovic et Nicolas dans la perspective de la résidence d’artistes de LC© à l’Espace de l’art concret (EAC) de Mouans-Sartoux. Ludovic est partie prenante de l’opération ; il accompagne la production des œuvres destinées à être exposées à l’été 2017. Quand Ludovic ne crée pas des décors pour le cinéma, il est régisseur d’exposition, notamment pour la biennale d’art contemporain de Lyon.

Mardi 31 janvier 2017

Sur une invitation du critique et commissaire indépendant Emmanuel Lambion, Damien et Nicolas tiennent une conférence à l’Académie royale des beaux-arts de Bruxelles intitulée Autopoïèse jurisprudentielle. Le débat avec les étudiants est fin et enthousiasmant ; le public adhère et le fait savoir. Le temps cependant manque pour aller plus loin ; tout le monde est un peu frustré.

Jeudi 2 février 2017

Alexandre Bohn, directeur du Fonds Régional d’Art Contemporain Poitou-Charentes, inaugure à Angoulême l’exposition collective Sommaire réalisée à partir des collections de l’institution. Les contrats et la phrase en pétards JE SUIS UN RÊVE figurent dans la liste des œuvres. Parmi les artistes associés : Martin Kippenberger, Les ready-made appartiennent à tout le monde®, Raivo Puusemp, That’s Paintings, Tatiana Trouvé… Damien et Nicolas, indisponibles, n’assistent pas au vernissage.

Vendredi 10 février 2017

Nicolas est de passage à Lyon ; un dîner avec Damien et Ludovic s’impose. Deux sujets sont mis sur la table : le couple et le Brionnais où Ludovic a une maison de campagne.

Vendredi 10 mars 2017

Nouveau rendez-vous avec Ludovic pour une réunion de travail chez Damien qui se termine par un déjeuner. À l’ordre du jour, toujours la résidence d’artistes de Mouans-Sartoux avant la visite du site la semaine suivante.

Mardi 14 mars 2017

Les prochaines expositions que l’Espace de l’art concret à Mouans-Sartoux et le Fonds Régional d’Art Contemporain Provence-Alpes-Côte-d’Azur à Marseille consacreront prochainement à LC© motivent un voyage-éclair sur la Côte d’Azur. Damien et Ludovic – en liaison cellulaire avec Nicolas à Paris dans les moments décisifs – se prêtent à une succession de réunions avec les responsables de la gestion paysagère du parc de l’EAC puis du FRAC. Ces deux manifestations sont placées sous le signe du soleil et du sud, mais aussi de la patience.

Mercredi 22 mars 2017

Nicolas propose à Nathalie Leleu de rédiger une biographie de Ludovic Chemarin© sur la base des informations précises qui lui sont fournies. Toutes les extensions pertinentes et audacieuses du domaine documentaire figurent volontiers à la carte des services proposés par Nathalie. Cette dernière accepte la commande.

Samedi 15 avril 2017

Damien rend visite à Ludovic dans sa maison de campagne, où il séjourne en famille. Après le tour du propriétaire arrive l’apéritif : la conversation tourne autour de la région du Brionnais – et du travail aussi, un peu. Ludovic voit d’un œil favorable la délégation de la biographie à un auteur indépendant, conçue comme une nouvelle déclinaison de l’œuvre de LC©.

Lundi 24 avril 2017

Après des échanges variés et nombreux entre Damien, Nicolas et Nathalie, Total Recall, la biographie de Ludovic Chemarin©, est livrée à point. La nature de cette œuvre la destinant à évoluer avec le projet, ce premier état constitue la version 1.

Vendredi 5 mai 2017

L’exposition monographique de Ludovic Chemarin© Principes de réalité, Chapitre 1, est vernie au FRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA). Cette proposition occupe deux espaces à deux étages distincts du bel ouvrage d’architecture de Kengo Kuma.

Ce premier chapitre est consacré à la dimension conceptuelle du projet et à son évolution depuis sa création en 2010/2011. Sur le plateau Expérimental, l’accrochage est sobre et dépouillé. Aucun détail scénographique n’a été négligé ; l’installation d’un salon pour le confort de lecture des visiteurs fait foi. Y est installée une plante verte, indice de la filiation entre les artistes et Marcel Broodthaers ainsi que Philippe Thomas.

L’exposition débute avec la fondatrice table vitrine protégeant les contrats de cession de Ludovic Chemarin© provenant de la collection du FRAC Poitou-Charentes. Puis, au mur, défilent deux portraits de Chemarin avec et sans copyright, la sérigraphie relative au portrait de l’artiste et un vidéogramme photographique détaillant la transformation de Ludovic (coll. FRAC PACA). Le tour d’horizon de cette salle se prolonge comme suit ; deux nouveaux vidéogrammes, La signature et La performance ; la vidéo La transformation diffusée sur un écran plat ; trois nouvelles sérigraphies retraçant le parcours de Ludovic Chemarin©, La publication, La performance et La résidence ; une grande impression numérique sur papier aquarelle avec, en son centre, la signature stylisée de Ludovic Chemarin sur fond jaune ; trois affiches reproduisant la biographie rédigée et détaillée de LC@, Total Recall 34 384 signes (espaces compris). En dépit de sa qualité documentaire, cette biographie est assumée comme une œuvre et jouit d’un statut identique à celui des autres propositions exposées.

Au niveau du plateau Multimédia, une grande table vitrine rassemble un ensemble de documents datant de 1998 à 2017 avec principalement des catalogues et des cartons d’expositions. Puis dans la salle principale, la vidéo en boucle Signatures, qui présente Ludovic signant des pages de catalogue inlassablement, à un rythme constant et légèrement ralenti. La salle est grande, avec un écran qui couvre un de ses murs. La projection vidéo le cadre entièrement et offre aux spectateurs un rapport d’échelle démesurée avec les images en mouvement. Une publication accompagne cette exposition : le deuxième numéro de la série ©. La V1 de la bio Total Recall y est reproduite.

Damien et Nicolas accompagnent les visiteurs et répondent aux questions : le contact passe bien.

Jeudi 11 mai 2017

Ludovic finalise avec un ferronnier les productions issues de sa résidence à l’Espace de l’Art Concret de Mouans-Sartoux. Elles sont prévues dans le parcours paysager de l’exposition Principes de réalité, Chapitre 2.

Vendredi 26 mai 2017

Nicolas fait visiter l’exposition de Marseille aux directeurs du réseau des FRAC rassemblés pour une journée professionnelle. À titre exceptionnel, Nicolas prend en charge l’oralité, non sans plaisir. Le débat est animé par l’artiste avec le concours de Pascal Neveux (directeur du FRAC PACA) et d’Alexandre Bohn (directeur du FRAC Poitou-Charentes). L’ambiance est studieuse et chargée en questions détaillées. Au sein du groupe, quelques individus déclarent un réel intérêt pour LC©.

À suivre…