Projet

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En 2005, l’artiste Ludovic Chemarin a décidé de mettre fin à sa jeune et prometteuse carrière artistique, de changer de vie, de passer à autre chose.
Déçu par un écosystème qu’il jugeait toxique pour son épanouissement personnel et à celui de son art, il fait partie des rares artistes à avoir affirmé et revendiqué son éloignement définitif du monde de l’art.

Né en 1969, il est passé par l’École Nationale des Beaux-arts de Lyon. Son travail a rapidement intrigué, étonné et fait l’objet d’expositions remarquées. Il était représenté par la galerie Verney-Carron.

En 2011, deux artistes, Damien Beguet et P. Nicolas Ledoux décident de réactiver le travail de Ludovic Chemarin et de prolonger sa carrière artistique. Damien Beguet microclimat achète alors par contrat à Ludovic Chemarin l’intégralité de son œuvre dont il cède 50% des droits à P. Nicolas Ledoux le jour même.
En parallèle, Ludovic Chemarin dépose à L’INPI la marque de son nom : Ludovic Chemarin© qu’il revend immédiatement aux deux artistes afin qu’ils puissent l’utiliser sous la forme d’une signature.

En 2014, ils demandent à Ludovic Chemarin de poser pour la réalisation du portait officiel de Ludovic Chemarin© et en 2015 de faire un dessin avec comme seul motif sa signature. Ils en acquièrent ensuite par contrat de cession les droits de représentation, de reproduction et d’adaptation. Ils pourront alors exploiter lsa signature.

Depuis 2011 ils produisent des œuvres sous le nom de Ludovic Chemarin© : contrats, documentations performatives, activations ou augmentations de travaux de Ludovic Chemarin ainsi que de nouvelles créations.

Ils répondent à des invitations pour des conférences et des expositions en France et à l’étranger. Leurs travaux sont publiés et font l’objet de nombreuses recherches.

Ils abordent avec leurs outils conceptuels, juridiques et formels le thème douloureux et très peu traité de la faillite artistique, de la faillite de l’artiste mais aussi de son éventuel salut par le rachat ou une forme de recapitalisation financière et artistique.

Il s’agît pour eux alors de recontextualiser la «matière artistique» de Ludovic Chemarin dans le champ de l’art contemporain, de la manipuler en imaginant de nouveaux protocoles, de nouvelles médiations. Ils instaurent ainsi un nouveau rapport de force et une spéculation sur l’avenir de son travail – aussi incertaine que passionnante.
Ils imaginent des dispositifs opérationnels dans le but d’intégrer le système de l’art et l’actualité culturelle, tout en en dénonçant les limites, le devenir spectacle, l’archaïsme et la logique spéculative – essentiellement financière – dont l’artiste est le plus souvent exclu.

Au travers de cette « exploitation » inédite dans l’histoire de l’art, les deux artistes interrogent et remettent en cause l’inaliénabilité du droit d’auteur et du geste artistique, le statut de l’œuvre d’art, le principe d’auctorialité.